Campagne de plaidoyer : histoires soumises

LE DIALOGUE ET LES GOUVERNEMENTS LOCAUX

Directions publiques sur la ville la plus verte du monde d'ici 2020 : la Ville de Vancouver
Présenter une ville de Saanich en santé en temps de changement

Directions publiques sur la ville la plus verte du monde d'ici 2020 : la Ville de Vancouver

VancouverLa Ville de Vancouver a annoncé récemment qu'elle serait la ville la plus verte du monde d'ici 2020. Leur plan ambitieux donne aux citoyens un rôle important dans les efforts de planification et d’implantation de la Ville. Durant l’été et l’automne 2010, la Ville de Vancouver a invité les citoyens à « l’aider à trouver des solutions qui mèneraient à une économie prospère et durable, une planète en santé, et des gens plus heureux. » Ce programme innovant a engagé les Vancouverois dans une réflexion commune en ligne, grâce à l’outil UserVoice. En tout, 21 000 personnes de 123 pays et de 1579 villes ont visité http://talkgreentous.ca, plus de 3700 personnes ont participé aux événements face-à-face, 249 idées ont été acceptées par la ville et déjà 8 d'entre elles ont été complétées, ce qui fait de ce projet un heureux exemple d’engagement à la fois en ligne et hors ligne.

Jusqu'à maintenant :

  • 726 idées ont été soumises;
  • 2141 commentaires;
  • 3154 utilisateurs du forum;
  • 2427 followers sur twitter;
  • 1490 membres de la page Facebook;

Enfin, la Ville a élevé la barre des consultations mixtes en ligne et hors ligne. Les gouvernements de tous les niveaux de juridiction veulent savoir comment utiliser les outils d'engagement en ligne afin d'approfondir la participation du public. Ce projet est un exemple d'utilisation réussie d'une réflexion commune à une étape précoce de l'engagement du public.

 

Présenter une ville de Saanich en santé en temps de changement

Saanich

Le redéveloppement dramatique de la ville de Saanich, en Colombie-Britannique a rendu plus tendues les relations entre les locaux et les développeurs, entre la communauté et l’hôtel de ville. Un effort d’engagement public créatif, mené par le Programme de dialogue de la Simon Fraser University, a permis des interactions significatives et a permis une plus grande compréhension entre des personnes de camps opposés. En travaillant avec le journal local, les membres de la communauté étaient invités à envoyer des photos de ce que représente pour eux la santé d’une communauté, au niveau tant social que culturel, économique ou écologique. Des photos ont été envoyées en quantité (des édifices patrimoniaux, des espaces publics de réunions, de récréations, des sites naturels et sportifs, des enfants en train de jouer, etc.) et ont été présentées durant un dialogue public d’une journée. Cette réunion d’un jour a permis la mise sur pied d’un nouvel ensemble de directives sur la façon, pour le gouvernement local, de travailler avec les secteurs public et privé, notamment sur les questions d’utilisation du terrain. Ce processus a démontré à toutes les parties comment des interactions civiles et bien structurées peuvent mener à de bonnes idées tout en permettant aux dirigeants de prendre des décisions collaboratives et durables dans le cadre desquelles tous les intérêts sont pris en compte.

"Présenter une ville de Saanich en santé en temps de changement" est le nom du processus de dialogue qui fut développé. Les photos ont été réunies dans une exposition qui a permis de rappeler aux participants au dialogue les valeurs partagées par la communauté. La vision d'une communauté en santé capturée grâce à ces photos a été au centre du dialogue et a servi de rappel aux développeurs, aux dirigeants civils et aux ONG comme quoi ils partageaient davantage que ce qu'ils auraient cru au préalable.

Le dialogue - son développement créatif, ses interactions déterminantes et la création de nouvelles compréhensions a permis à des gens de camps opposés de la ville de Saanich d'entendre les perspectives des uns des autres. Pour voir l'invitation du programme, cliquez ici.

LE DIALOGUE ET LES ORGANISATIONS PUBLIQUES

Un dialogue sur la santé de la hanche
Association professionnelle des ressources humaines
Génération d'idées (GEDI)

Ancre AnchorUn dialogue sur la santé de la hanche

Les gens âgés et vulnérables se retrouvent souvent à l’hôpital à cause de fractures de la hanche. S’ensuit un débordement du système de santé, puisque ces patients occupent deux lits : l’un à l’hôpital, où ils reçoivent des traitements, et l’autre dans un établissement de soins de longue durée, où leur lit leur est réservé pendant qu’ils se font traiter. Des leaders en santé spécialisée et résidentielle de la North Fraser Health Region, en Colombie-Britannique, se sont concertés afin de mieux comprendre la circulation des patients, actuelle et idéale, et pour développer de meilleures pratiques et procédures.

Tôt dans les discussions, il est apparu que les fournisseurs de services et les leaders partagent une valeur commune : fournir des soins de grande qualité aux personnes âgées. Les deux systèmes de soins se sont basés sur cette valeur commune afin de développer des relations de travail plus fortes, de travailler ensemble pour mieux comprendre la source systémique du blocage dans la circulation des patients et collaborer pour développer des solutions innovantes pour les soins de la hanche, tant pour la prévention que pour le traitement des fractures.

Le Projet de recherche pour un dialogue collaboratif  a ouvert de nouvelles avenues en observant d’une manière intégrée autant la prévention des fractures de la hanche que les admissions à l’hôpital, contrairement à d’autres projets qui avaient jusque-là observé ces deux situations séparément.

Cette histoire a été soumise par Dr Joanna Ashworth, associée de recherche principale au Centre pour le développement communautaire durable de la Simon Fraser University et ancienne membre du conseil d’administration de C2D2.

AnchorAssociation professionnelle des ressources humaines

Le pouvoir de recherche et de saisie sans garantie est un aspect du projet de loi ontarien 138 qui soulève la controverse. Par le fait même, il s’agit d’un sujet de discussion important chez les membres de l’Association professionnelle des ressources humaines (HRPA). Pour s’assurer de refléter et de partager correctement les différentes perspectives au sein de l’organisation, l’APRH a organisé plusieurs activités de dialogue et de délibération avec ses membres, en plus de mener un sondage afin de confirmer les résultats des discussions. Plusieurs médias sociaux ont également été utilisés, notamment Twitter, Facebook, LinkedIn ainsi que des blogues pour permettre un dialogue interactif et pour mobiliser la communauté.

Cette histoire a été soumise par Ian Welsh, membre de la St. Stephen's Community House ainsi que de la communauté C2D2.

AnchorGénération d'idées (GEDI)

Les jeunes du Québec ont eu l’occasion de partager leurs idées sur les affaires publiques durant le Sommet Génération d’idées qui s’est tenu en novembre dernier. En tout, 400 jeunes de 20 à 35 ans ont participé à cet événement. Cette initiative non-partisane et indépendante a réuni des personnes de différentes orientations politiques, du secteur des affaires et communautaire, pour participer au dialogue et à la délibération. Au sein de chaque atelier, les participants ont développé au moins deux pistes de solutions fonctionnelles et, au total, près de 125 suggestions ont été présentées à tous les participants lors de la dernière journée de discussions. En tout, 10 pistes d’actions prioritaires ont été sélectionnées et, parmi elles, trois stratégies d’action sont prévues, afin de donner une voix à la génération Y dans l’espace public :

1.    Un document synthèse a été remis aux médias
2.    Les solutions proposées seront discutées localement, dans les régions du Québec, dans le cadre d’activités inspirées du World Café.
3.    Un mémoire sera déposé à l'Assemblée nationale du Québec au cours de l’année 2011.

http://www.generationdidees.ca/sommet/photosvideos/
http://www.generationdidees.ca/media/Compte-rendu_partiel_Sommet_GEDI_2010.pdf

Cette histoire a été soumise par Patrick Dufault, coordonnateur de la programmation et facilitateur du Sommet GEDI, et membre de la communauté C2D2.

LE DIALOGUE ET LA TRANSFORMATION DES CONFLITS

Danser à la croisée des chemins

Une recherche/projet pratique du Programme pour la résolution de conflits de l’Université de la Colombie-Britannique, Vancouver, Canada 2009-2013

Dans l’histoire mythique de Perséphone et de Déméter, les arts sont retirés de la terre tandis que Perséphone est aux enfers, faisant ainsi régner sur la terre la noirceur glaciale. Seul le retour de Perséphone permet de ramener un peu de chaleur, ramenant du même coup à la vie la danse et les histoires.

Sous la direction des professeurs Michelle LeBaron et Carrie MacLeod, le projet « Danser à la croisée des chemins » a permis d’explorer comment la danse et le mouvement, combiné à la narration, peuvent contribuer au rétablissement de la paix dans les conflits interculturels. La base théorique de ce projet vient de recherches interdisciplinaires sur la danse et la médecine kinesthésique, la psychologie sociale, les arts d’expression et la résolution de conflits interculturels.

Au cours de l’été 2010, un atelier d’une semaine a réuni 34 personnes. Des formateurs seniors en résolution de conflits, des concepteurs de procédés, des praticiens de nombreux pays, des artistes et des étudiants ont exploré les synergies entre les processus de conflits et les méthodes kinesthésiques. Ils se sont réunis à Saas Fee, en Suisse, à la European Graduate School, dont le travail innovant en arts de l’expression est une inspiration continuelle.

Les participants à l’atelier collaborent également à un ouvrage sur les approches basées sur l’art pour la formation et l’intervention, approches qui ont émergé de l’atelier et de leur propre expérience pratique. Danser à la croisée des chemins (DCC) a été invité à partager son travail sur les arts basé sur le mouvement dans divers contextes de maintien de la paix. En partenariat avec des collègues, DCC contribue à la naissance de nouvelles pratiques dans la transformation des conflits et le maintien de la paix.

S’appuyant sur son travail précédent (CRANE) en Sierra Leone, en Europe et au Canada, le projet Danser à la croisée des chemins explore les dynamiques somatiques de la perception, de l’attribution et des habitudes cognitives dans les conflits, et identifie les contributions potentielles de pratiques basées sur le mouvement pour la formation et la pratique de la transformation des conflits. DCC se concentre sur une approche basée sur le mouvement : en effet, le corps comme ressource dans les conflits est un aspect qui a été négligé. Pourtant, le corps est un espace de conflit et de réconciliation :

  • Il est d’abord le lieu des émotions;
  • Il conduit à des souvenirs inconscients;
  • Il est un filtre important dans la façon que nous interprétons et négocions le monde .

Avec la danseuse et éducatrice mondialement reconnue Margie Gillis, les participants à l’atelier ont alterné entre les ateliers basés sur le mouvement et les sessions de dialogue. Cet échange danse-dialogue offre plusieurs lentilles à partir desquelles mesurer les capacités sensorielles et l’acuité perceptive. Celles-ci, lorsque correctement et éthiquement utilisées, permettent de voir les multiples dimensions de conflits complexes. Plusieurs pratiques liées au corps ont été utilisées pour explorer comment la flexibilité physique peut permettre la flexibilité comportementale et ainsi élargir le répertoire comportemental en situation de conflit.

Des activités structurées ont encouragé les participants à réfléchir à leurs habitudes physiques et cognitives en situation de conflit et à comment celles-ci sont liées au maintien de la paix. Les exercices ont permis de toucher plusieurs dimensions : l’espace, le temps, l’énergie, le touché, la texture et le rythme, tandis que les participants ont exploré les nuances subtiles, les changements et les points tournants dans les dynamiques changeantes du conflit. Ils ont examiné les liens entre les états d’être par défaut et les croyances inconscientes, en examinant comment ils bougent et tendent à se rencontrer physiquement en situation de conflit. Parfois en silence, parfois avec de la musique accompagnatrice, ils se sont concentrés pour écouter attentivement leur corps, afin d’apprendre de leur propre état physique, et de celui des autres.

Ensemble, ils ont exploré nombre de questions dans les segments sur le dialogue et le mouvement, incluant :

  • Comment le conflit s’installe dans mon corps et comment je peux l’incarner sans dommage?
  • Comment j’incarne et je réponds physiquement :
    • Aux fortes émotions
    • À la flexibilité et à la fluidité
    • Aux variations et aux possibilités liées à l’espace et aux frontières
    • À mon rôle comme catalyseur de changement…

Afin de promouvoir des approches créatrices et saines de formation et de pratique ?

Les participants à l’atelier collaborent également à un ouvrage sur les approches basées sur l’art pour la formation et l’intervention issues de l’atelier et de leur propre expérience pratique. Ils ont rapporté que l’atelier leur a permis :

  • D’élargir leur sensibilité aux intentions et aux émotions qui se traduisent par des impulsions musculaires : celles-ci révèlent leurs propres systèmes de signification culturelle et les façons d’exprimer un conflit ;
  • D’accroître leurs capacités à improviser et à imaginer des façons plus nuancées et plus créatives ;
  • De développer une aisance culturelle alors que le vocabulaire de la danse et du mouvement ont communiqué des dimensions symboliques de l’identité et de la signification ;
  • D’améliorer leur mobilité physique et, ainsi, d’accroître leur souplesse tandis qu’ils naviguent dans des dynamiques relationnelles difficiles ;
  • D’apprendre comment un espace négatif entre eux et les autres peut se transformer en une zone générative où un large éventail de possibilités rencontre des positions tranchées et des attitudes rigides ;
  • De découvrir que d’expérimenter des changements neuromusculaires grâce à l’entraînement et à la réflexion mène à de nouveaux niveaux d’ouverture, de curiosité et d’empathie ;
  • D’acquérir une expérience concrète du mouvement, du changement d’habitudes cognitives et de développer leurs capacités intuitives.

Danser à la croisée des chemins a été invité à partager son travail sur les arts basé sur le mouvement dans divers contextes de maintien de la paix :

  • Amérique du Nord et Europe
  • Lima, Pérou
  • Programmes d’intégration des réfugiés et des immigrants au Canada

En collaboration avec des collègues, DCC permet la naissance de nouveaux mondes de pratiques dans la transformation des conflits et le maintien de la paix. Accueillir la sagesse du corps et sa beauté inhérente dans leur pratique; accéder à l’imagination grâce aux arts multi-modes; redéfinir et intégrer la connaissance grâce à la réflexion et à l’évaluation basée sur les arts – ce sont là certaines des façons grâce auxquelles le génie créatif de Perséphone peut transformer même les conflits les plus inébranlables de notre époque. Accueillie dans le processus de maintien de la paix, Perséphone peut remplir son potentiel transformatif.

1. CRANE a eu lieu de 2004 à 2008 et c’est l’acronyme de Conflict Resolution, Arts and iNtercultural Experience
2. Le nom “Danser à la croisée des chemins” (de l’anglais ‘Dancing at the Crossroads’) fait référence aux croisées de chemins de la campagne irlandaise où les gens se rencontraient pour danser, en réaction à la prohibition durant l’occupation
3. Noland, Carrie, Agency and Embodiment: Performing Gestures/Producing Culture. (London, UK and Cambridge, MA: Harvard University Press, 2009), 2.

LE DIALOGUE ET LES POLITIQUES PUBLIQUES

À venir à l'automne 2011.